Assassinat du professeur Dominique Bernard
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Samuel PATY, Dominique BERNARD : comment en sommes-nous arrivés là ?
L’école républicaine est un lieu où chacun peut tirer le meilleur de lui-même. L’école est aussi le creuset de notre démocratie, le meilleur moyen d’intégrer et de souder notre communauté nationale.
Or, nous avons laissé le pacte républicain être entamé, grignoté par petits bouts. En réalité, nous sommes aujourd’hui engagés dans un combat de valeurs : les valeurs républicaines contre l’intégrisme, les Lumières contre l’obscurantisme, la démocratie contre le fanatisme.
Ce n’est pas un hasard si les professeurs d’histoire servent de première cible. Dans ce combat, les enseignants, tous les enseignants, sont en première ligne.
Leurs témoignages se multiplient. Ils dénoncent les agressions verbales ou physiques, et les intimidations qu’ils subissent au quotidien, qui sont aujourd’hui amplifiées par les réseaux sociaux et leur immédiateté.
Au même titre que les élus, les professeurs sont les meilleurs garants de l’ordre républicain. Les enseignants doivent pouvoir transmettre nos valeurs communes en toute liberté. Pour leur permettre d’exercer sereinement leur métier, nous devons bien sûr assurer leur protection.
Mais cela ne suffira pas : nous devons plus valoriser leur rôle, peut-être organiser les enseignements, notamment civiques, de façon à les laisser moins seuls dans l’accomplissement de leur mission. Peut-être intervenir dès leur formation pour mieux les préparer à continuer d’être ce qu’ils ont toujours été : les hussards de la République.
Monsieur le Ministre, l’heure est grave. Que comptez-vous faire pour mieux préparer nos enseignants à transmettre les valeurs essentielles à l’existence de notre démocratie ?